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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 17:13


Au courant du mois de Mars 2015, la mort d’un détenu a défrayé la chronique au Cameroun. Un homme d’âge mur est décédé à la prison de New Bell à Douala. Il y était détenu depuis Mars 2014 pour cause de pratique homosexuelle. La mort de cet homme serait la suite des mauvaises conditions de détention ajoutées aux sévices qu’il, avait subis lors de son arrestation courant Mars 2014 et à la stigmatisation dont il a fait l’objet en prison du fait de statut d’homosexuel…

Pour la petite histoire, le défunt entretenait une relation amoureuse avec un jeune homme camerounais aujourd’hui activement recherché par la justice camerounaise ; Ce jeune qui s’appelle Hana Charles Clovis avait choisi de vivre sa sexualité en optant pour l’homosexualité. Sauf qu’au Cameroun, cette pratique sexuelle reste encore punie par les lois du pays de Paul Biya.

Le jeune Hana Charles Clovis a toujours vécu son homosexualité en toute discrétion jusqu'à ce soir de mars 2014. Charles Clovis Hana et son compagnon ont pris un rendez-vous amoureux dans une auberge d’un quartier populaire et populeux de la ville de Douala dénommé « Madagascar ». Pendant que nos deux amoureux s’offraient un temps de plaisir à l’abri des regards, le concierge surpris de voir deux hommes entrer dans la chambre, prendra peur de voir stigmatisée son auberge. Il alertera des riverains qui à leur tour ameuteront les habitants du quartier. Prenant d’assaut l’auberge, les populations en furie s’empareront des « deux amants homosexuels » à qui il sera administré une bastonnade sauvage avec la ferme intention de les lyncher à mort. Charles Clovis Hana et son compagnon aujourd’hui décédé, n’auront la vie sauve que grâce à une patrouille de la police qui passait par ce quartier et s’interposera entre la foule en furie et les deux homosexuels. Profitant du méli mélo, Charles Clovis Hana qui était le plus jeune, réussira à s’extirper de la foule et s’enfuira. Son compagnon n’aura pas la même chance car il sera embarqué par la police qui le déferrera au parquet où il sera mis sous mandat de dépôt à la prison de New Bell à Douala. Ce dernier est donc décédé en mars 2015 des suites des effets de la bastonnade dont il avait fait l’objet et aux autres actes de tortures qu’on lui a fait subir pour le motif qu’il est homosexuel.

Son compagnon, le jeune Charles Clovis Hana qui avait réussi à se sauver, parviendra, avec l’aide de sa famille et de quelques amis, à quitter discrètement le Cameroun et se réfugiera dans un pays européen.

Bien qu’en exil, il demeure activement recherché et compte tenu du contexte des lois au Cameroun, il lui est impossible d’oser y retourner. Si oui, il serait arrêté et emprisonné avec le risque de subir des représailles car jusqu’ici, l’action judiciaire engagée contre lui n’est pas éteinte.

Dans l’imagerie populaire au Cameroun, en prison aussi, « les homosexuels sont traités comme des personnes anormales, comme des malades voire des criminels » confie, sous anonymat un gardien de prison du pénitencier de Mbanga. La mort de cet homosexuel a relancé le débat sur la situation des homosexuels et les poursuites qui pèsent contre son amant , Charles Clovis Hana, préoccupent profondément dans la mesure où sa liberté et sa sécurité sont menacées au Cameroun.
La situation des homosexuels est au cœur du débat au Cameroun. Une opinion penche et se bat pour la dépénalisation de cette pratique sexuelle pendant qu’une autre, plus conservatrice, soutient que « la loi punissant les homosexuels doit être maintenue ». Charles Clovis Hana est pris dans l’étau de cette loi et espère seulement qu’une avancée légale le mette à l’abri. Et comme lui, de nombreux homosexuels Camerounais sont dans le collimateur de la loi. Les combats des organisations défendant les droits des homosexuels n’ont jusqu’ici produit aucun résultat allant dans le sens de la dépénalisation. Ce qui amène de nombreux homosexuels à prendre, malgré eux, le chemin de l’exil, lorsque leurs moyens le leur permettent. Les autres sont obligés de vivre leur homosexualité dans la clandestinité finissant toujours par se faire avoir. « Plusieurs d’entre eux croupissent dans les prisons camerounaises simplement parce qu’ils ont choisi de vivre différemment leur sexualité », déclare une défenderesse des droits des homosexuels.

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Published by levigilerepublicainloummoungo
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